Les parents demandent du soutien scolaire

September 17, 2008 · Filed Under Education 

 Les parents demandent du soutien scolaire

Les parents demandent du soutien scolaire et sont à déjà le faire pratiquer à leurs enfants Alors qu’il est indispensable pour les élèves en grande difficulté c’est pour se maintenir à niveau voire pour accéder aux prépas et grandes écoles qu’il est le plus recherché
Dossier réalisé par Jean-Michel Drevon, Bruno Kozole, Élizabeth Labaye, Éliane Lancette,
Claudie Martens.

Les choix opérés en matiere de politique éducative ces dernières années -motivés par des raisons budgétaires- se sont
notamment traduits par la réduction des horaires de cours offerts aux élèves (sans réduction des exigences) la diminution
du temps passé en petits groupe et des dispositifs de remédiation alors que, dans le même temps, l’hétérogénéité dans
les classes ne cessait d’augmenter avec la massification du lycée après celle du collège. Ils ont ainsi généré des difficultés
supplémentaires chez les élèves, que les familles comme les enseignants cherchent à compenser. D’autant que les
enjeux très forts de la réussite scolaire pour l’avenir des élèves, ne sont pas démentis malgré les campagnes sur le
« trop de diplômés » entendues à l’occasion du mouvement des jeunes contre le CPE.
C’est ainsi que, depuis les années quatre-vingt-dix, les dispositifs d’aide et de soutien aux élèves se sont multipliés: aide
individualisée, soutien dans une discipline, tutorat, études gées dans les établissement scolaires ; programmes de réussite éducative dans le cadre du plan Borloo avec l’implication hors de l’école de partenaires multiples associatifs coordonnés par
la municipalité ; aide privée et payante avec les cours particuliers et le développement d’entreprises spécialisées
dopées par les mesures fiscales allégeant la charge financière pour de nombreuses familles…
La liste n’est pas exhaustive et certains parlent même d’explosion de la demande. Selon la nature de l’offre, le
niveau d’étude et le niveau scolaire, les objectifs ne sont pas les mêmes: de la remotivation d’élèves en rupture
scolaire au coup de pouce pour combler des lacunes, de la « béquille » pour tenir toute l’année après un passage
de justesse à la recherche de l’excellence pour intégrer la classe préparatoire ou l’école prestigieuse, la
gamme est vaste. Mais dans tous les cas, elle interroge les politiques éducatives sur les mesures à développer
pour prévenir les difficultés scolaires. produits. Comment les évaluer, préciser leur nature et sur quels leviers agir assez
tôt? Cela implique une réflexion approfondie sur les savoirs enseignés, leur hiérarchie, l’activité au cœur de la
classe, les contenus des épreuves d’examens ou de concours. Cela implique aussi de mettre en place de
l’aide, du soutien et plus largement de l’accompagnement scolaire (ouverture sur l’extérieur, accès à la culture, …)
hors de la classe mais en cohérence avec le travail dans la classe, dans le cadre d’équipes pluri professionnelles
qualifiées combinant travail en groupe et suivi individuel. Cela implique enfin, une évaluation rigoureuse des effets Un maillage fort dans et hors l’école du service public non marchand est la condition nécessaire pour donner du
sens aux slogans sur l’égalité des chances et assurer réellement la réussite de tous les élèves. Faute de quoi l’école continuera à laisser sur le côté des milliers d’élèves et les officines privées continueront de faire leurs
choux gras de l’angoisse des parents. Les offres publiques En plus des dispositifs internes aux établissements l’offre
publique est assurée par des associations subventionnées par les collectivités Il existe de plus en plus de dispositifs
internes aux établissements scolaires : l’aide aux devoirs avec « l’étude » à l’école élémentaire, les études dirigées
ou encadrées au collège, mais aussi l’aide au travail personnel, le soutien dans une discipline, le tutorat
assuré par des élèves plus âgés… Autre possibilité qui concerne des élèves en très grandes difficultés : les dispositifs
relais (classes et ateliers). Toujours rattachés à un collège, ils offrent un accueil temporaire et adapté à des
collégiens en voie de déscolarisation et de désocialisation, L’accent est mis sur la collaboration entre l’équipe éducative
du dispositif et celle du collège pour favoriser un retour réussi vers
une reprise normale de la scolarité ou l’entrée dans un cycle de formation professionnelle. Les Francas, les
CEMEA et la Ligue de l’Enseignement sont partenaires de ce dispositif qui donne des résultats réels : 80 % des
élèves concernés sont rescolarisés dans un cursus ordinaire, tandis que d’autres sont engagés dans une poursuite
de formation ou un emploi. De nombreuses villes se sont intéressées à la question de l’accompagnement
scolaire, mettant en place des équipes qui tentent d’offrir aux enfants une autre façon d’aborder les
apprentissages : utilisation d’internet, mise à disposition de logiciels de soutien, développement du langage par le
théâtre…. Autre expérience, l’accueil des jeunes des quartiers défavorisés pendant les vacances scolaires dans
le collège du quartier. 28 % des parents ont fait donner des cours particuliers à leurs enfants dont
déjà 5 % en maternelle. 80 % disent être prêts à avoir recours à des cours particuliers payants, soit en cas de difficultés scolaires (75 %) ou seulement pour améliorer ses performances (58 % dont déjà 54 % en maternelle et primaire et plus de 60 % en lycée). Par ailleurs, les parents, s’ils sont majoritaires (56 %) à penser que l’école joue actuellement correctement son rôle de soutien, attendent beaucoup des nouvelles dispositions © LISA PEQUERY/NAJA fesseurs pratiquent des activités différentes, des rapports nouveaux s’établissent qui permettent ensuite de travailler plus facilement en atelier de soutien scolaire. Beaucoup d’associations proposent aussi des formules de soutien scolaire. Associations de parents (F.C.P.E…) mais aussi d’étudiants comme l’AFEV (Association Française des Étudiants pour la Ville). Celle-ci mène des actions d’accompagnement éducatif auprès du public 5/16 ans. Depuis 15 ans, 60 000 étudiants ont donné deux heures de leur temps chaque semaine pour accompagner un enfant ou un jeune en difficulté dans les quartiers défavorisés. Aujourd’hui, cette association, en lien avec le Ministère de l’Éducation Nationale, lance une campagne «30000 étudiants solidaires pour être utile contre les inégalités» visant à soutenir 30 000 enfants et jeunes en difficulté. Les réseaux de réussite éducative mis en place dans le cadre de la loi sur l’égalité des chances adoptée en 2005 ont pour vocation de coordonner l’ensemble de ces dispositifs avec un pilotage confié aux municipalités. Un seul établissement public propose des programmes de soutien, mais limités à certaines classes et certaines matières : le Centre national d’enseignement à distance (CNED). Le CNED va proposer, par exemple, un accompagnement de français en troisième sur neuf mois pour 120 euros. Les parents en demandentde soutien personnalisé mises en place à partir de cette année: 89 % y sont favorables. Le sondage fait en outre valoir qu’au total 83 % des parents aident leurs enfants le soir (dont 17 % systématiquement). Si 69 % s’estiment suffisamment capables, 19 % se sentent démunis, notamment ceux qui ont fait le moins d’études.



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