Pour le Comité exécutif de la CES, l’Europe doit changer de cap
Pour le Comité exécutif de la CES, l’Europe doit changer de cap
Le Comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES), dont l’UNSA est membre, s’est réuni les 24 et 25 juin derniers à Bruxelles. Il s’est prononcé pour la poursuite du processus de ratification du Traité de Lisbonne, mais tire à nouveau la sonnette d’alarme. L’Europe fait actuellement fausse route. Elle doit changer de cap.
Le Comité exécutif adresse un avertissement solennel aux chefs d’États et de gouvernements, à la Commission et au Parlement européen : « Vous pouvez mieux faire et vous devez mieux faire ! Montrez que vous pouvez protéger et renforcer l’Europe sociale et l’Europe en général ».
Le non au référendum irlandais, la décision des États membres d’adopter une révision très négative de la directive sur le temps de travail, ainsi que l’arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes dans l’affaire « Commission européenne contre Luxembourg » qui donne une nouvelle fois la priorité aux règles du marché et de la concurrence sur les droits des travailleurs, ont été au centre des débats.
La proposition de directive « retour », votée par le Parlement européen, s’en prend outrageusement aux migrants illégaux. Elle manque singulièrement d’humanisme et augure mal du Pacte européen pour l’immigration en préparation.
La situation européenne est grave. Le rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais fait resurgir la crise institutionnelle et, de plus en plus, l’Europe des marchés semble dominer l’Europe sociale. En outre, selon les analyses des organisations syndicales, dans pratiquement tous les pays, les gouvernements imposent des politiques de régression sociale.
Ceci dans un contexte économique difficile marqué par la crise financière, par une augmentation des produits de première nécessité et du prix du pétrole qui touche en premier lieu les foyers modestes.
Face à cette situation, le Comité exécutif revendique : un protocole pour le progrès social afin d’établir une fois pour toutes la primauté des droits sociaux fondamentaux sur les règles du marché et de la concurrence ; une révision positive de la directive sur le temps de travail ; un renforcement de la directive sur le détachement des travailleurs ; l’adoption dans les meilleurs délais de la directive sur le travail intérimaire.
Dans le droit fil du succès de l’euro-manifestation de Ljubljana, il a été décidé de poursuivre l’offensive en faisant pression sur les institutions européennes et nationales, en multipliant les initiatives à l’occasion de la journée mondiale pour le travail décent du 7 octobre ; en organisant une manifestation européenne lors de l’examen en seconde lecture de la directive sur le temps de travail.
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